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1. INTRODUCTION

La langue française est un élément laissé au Sénégal par la colonisation. Élevée au rang de langue officielle au lendemain de l’accession du pays à l’indépendance, elle a servi comme medium principal pour le système éducatif et l’administration. Du coup, le français a joué et joue encore un important rôle dans la gestation, la formation, et le fonctionnement de l’État, mais aussi dans la formation d’une grande partie de l’intelligentsia de notre pays. Cette langue a aussi été à la base d’une importante production intellectuelle dont la réputation, dans bien des cas, va au-delà de nos frontières. L’usage exclusif du français n’a pas pu réserver toute la place qu’il fallait aux langues qui sont majoritairement parlées par les populations sénégalaises de la base.
Or, les recherches montrent l’importance de l’enseignement dans la langue maternelle qui permet d’éviter des années de retard dans l’acquisition de la connaissance.La primeur accordée au français est également préjudiciable à l’arabe qui a servi à produire à une abondante production intellectuelle locale et dont la présence en Afrique de l’Ouest remonte à l’entrée de l’Islam dans la région, il y a plus de 1000 ans de cela. Plus encore, aujourd’hui, aux yeux de certains observateurs, nous devrions enseigner et vulgariser l’Anglais pour ne pas être les laissés-pour-compte d’un monde de plus en plus globalisé et de plus en plus anglicisé. C’est de la discussion de ces différents aspects d’un sujet d’une complexité réelle que découle l’idée d’organiser l’atelier sur le thème : PROJET DE REFONDATION NATIONALE AU SÉNÉGAL : QUELLE POLITIQUE LINGUISTIQUE ?

2. OBJECTIFS

Cet atelier réunit des personnes qui s’intéressent à la problématique des langues au Sénégal et qui surtout voudraient réfléchir sur la meilleure façon pour notre pays de tirer le maximum possible de profits de cet important potentiel linguistique dont il dispose. Les initiateurs estiment que cette question est d’une importance capitale pour le Sénégal, surtout dans le contexte d’une refondation de l’État-nation, mais également d’une option globale d’intégration de la sous-région Ouest Africaine.
Nés de discussions informelles à travers Facebook, les échanges sur cette problématique ont pris une envergure significative et ont soulevé d’importantes questions relatives au rôle qui devrait être assigné à chacune de ces langues, surtout dans l’enseignement et la formation au Sénégal. Partant de là, les discussions ont porté sur plusieurs autres sujets comme la nécessité d’une politique linguistique traitant d’égale dignité nos différentes langues nationales, le rôle à assigner au français, l’introduction de l’anglais, le statut de langue(s) officielle(s), etc.
Certains participants aux échanges ont également jugé utile que ces éléments soient abordés en tenant compte du développement de grands ensembles à l’échelle sous-régionale et continentale.La richesse du débat qui a été ponctué de consensus forts sur certains aspects de la question, mais aussi de réelles divergences sur d’autres, a convaincu les participants de la nécessité d’organiser cet atelier dont les conclusions seront vulgarisées,sous forme de livre, auprès du grand public, des décideurs et des chercheurs.

3. CONTRIBUTIONS

Des contributions sont sollicitées, mais pas limitées, sur les sous-thèmes suivants qui ont été au centre des échanges:
• Les langues nationales dans le système éducatif : état des lieux,
• Les langues nationales dans le système éducatif : de la maternelle à l’université,
• Le futur du Français dans le système éducatif,
• L’anglais,
• L’arabe et le Ajami,
• Langues (nationales et étrangères) et enseignement supérieur,
• La diversité des langues au Sénégal et leur utilisation dans le système éducatif,
• Les Langues nationales au Sénégal et le choix d’une ou plusieurs langues officielles au Sénégal,
• etc.
Les personnes désirant prendre part à l’atelier sont invitées à envoyer un résumé, qui ne doit pas dépasser 500 mots, au Comité scientifique au plus tard le dimanche 16 Août 2014 à minuit GMT.
Ce résumé devra indiquer le titre de l’article, une brève description du contenu de celui-ci ainsi que la méthodologie utilisée pour collecter et traiter les données qui seront présentées au public.

4. VALIDATION

À la date limite de la réception des propositions de thèmes, le Comité scientifique validera les contributions reçues. Une réponse écrite sera adressée à chaque participant pour lui indiquer la suite accordée à sa proposition.

5. RÉSULTATS ATTENDUS ET RECOMMANDATIONS

Au terme de l’atelier les participants intéressés par la publication potentielle de leur communication dans l’ouvrage collectif devront envoyer leurs textes finaux au Comité scientifique à une date qui sera précisée lors de l’atelier.

Le livre qui sera publié fera des recommandations et des propositions de mesures concrètes aux chercheurs, aux décideurs politiques, aux ONG, aux acteurs du monde de l’éducation et de la société civile.

Ces recommandations et propositions de mesures auront pour objectif principal de faciliter, dans un contexte de diversité linguistique et culturelle qui caractérise le Sénégal, l’intégration de nos langues dans le système éducatif national et l’espace publique.
LE COMITÉ SCIENTIFIQUE