«Découverte de pétrole et de Gaz au Sénégal : Quels enjeux pour l’environnement marin ? » Note d’Information :

Abdou Gueye,

Stagiaire ENDA TM

Le milieu marin sénégalais est aujourd’hui plus que jamais convoité avec les récentes découvertes d’hydrocarbure. Des réserves importantes du pétrole et du gaz ont été découvertes successivement en 2014 dans le puits de Fan-1 et de SNE-1 situé dans le bloc de Sangomar offshore profond (473 millions de baril dans le gisement de SNE) et en 2015 à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie  au puits de Nguembeul-1 dans les  blocs de Saint-Louis offshore profond et celui de Téranga-1 dans le bloc de Kayar offshore profond (450 milliards de m3). Face à la faible capacité de contrôle du gouvernement, les capacités et l’auto-responsabilité des entreprises revêtent une importance primordiale. En effet en milieu marin, les activités pétrolières et gazières renvoient à des enjeux très originaux du fait de la très grande et de l’extrême sensibilité de la biodiversité marine dont dépendent des ressources économiques essentielles pour l’Etat (Accords de pêches) et les populations littorales (pêches artisanales), ainsi que les enjeux internationaux majeurs de conservation.

Le pays se situe actuellement à un moment clé de son histoire pétrolière grâce à l’estimation des ressources récupérables de 2C dans le gisement de SNE (473 000 millions de barils), localisée dans le bloc de Sangomar offshore profond. Selon les résultats de l’évaluation du puits SNE, la production des premiers barils de pétrole est attendue à partir de 2021-2023. D’ailleurs, les dispositifs techniques et sécuritaires nécessaires pour la gestion environnementale de l’exploitation du pétrole dans le bloc de Sangomar offshore profond renvoient à une préoccupation majeure. Cela peut poser dans un premier temps des problèmes écologiques sachant que dans la phase d’exploration, des impacts sur la biodiversité marine peuvent être observés avec le phénomène lié au rejet de déchets (déblais, boues) ou des déversements accidentels. Dans un second temps, la cartographie des zones sensibles situées en haute mer (en surface et en fond marin) n’est pas encore clairement définie par les centres de recherche scientifiques (CRODT, CSE, DGEFM etc.)

Ainsi, face à l’insuffisance de la connaissance et de l’information sur le talus continental sénégalais et les risques liés à l’exploration et à la production future des combustibles fossiles en mer, l’Etat doit d’ores et déjà prendre des mesures idoines pour mieux contrôler tout le processus des activités pétrolières et gazières qui se déroule en mer  mais surtout de pouvoir capable de les concilier avec la pêche maritime et la conservation de la biodiversité marine afin de gérer durablement l’ensemble de ses ressources maritimes.

 

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