ENTRÉE INTRODUCTIVE

 

Dr Chérif Salif SY

Économiste, Président du Conseil scientifique de Refondation

INTRODUCTION

L’exploitation des ressources naturelles, minière, halieutique et des autres ressources du sol, du sous-sol et de l’environnement, remonte à l’antiquité et constitue l’une des plus veilles industries du monde.

Métaux ferreux, Métaux précieux, Métaux Communs (Bauxite, cobalt, cuivre, plomb, magnésium,molybdène,nickel, zinc), Minéraux de construction, Minéraux industriels, Pierres précieuses, les ressources de l’eau et de notre environnement en constituent la substance.Les minéraux interviennent ainsi, à tous les niveaux la vie de l’homme et de l’économie.

Au fil des années les transactions dans le secteur minier n’ont cessé de battre des records. Tablant sur un maintien des prix, à un niveau élevé, les majors du secteur ont spéculé sur des bénéfices plus importants incluant parfois le remboursement de l’endettement nécessaire aux acquisitions.  La stratégie des acquisitions rapides ciblait comme objectif de fond la création d’oligopole pouvant contrôler le marché.

A côté de l’Australie et du Canada, l’Afrique est l’une de ces zones au sous-sol richement fourni en ressources minières et halieutiques. L’exploitation de ces deux types de ressources y est une activité dominante et représente le premier poste d’exportation pour près de la moitié des pays Africains. La richesse du sous-sol est estimée e à 46 200 milliards de dollars US (source : Journal les Afriques). On y trouve également une diversité de minerais.

L’industrie de la sidérurgie et celle du pétrole méritent particulièrement notre attention. Elles fournissent des produits à l’ensemble des branches de la production intermédiaire et finale, et en amont, elles suscitent le développement d’activités importants.

Avec la monté de la Chine (47% de l’offre mondiale) et de l’Inde, qui dominent la branche de la sidérurgie, nous assistons à un redéploiement international de l’industrie de l’acier qui est révélateur des changements de l’ordre industriel mondial. Cette nouvelle redistribution se fait entre pays développés, entre pays du sud « émergents » et entre le Nord et le sud.

  • Cette modification des rapports de forces, élargit-elle la marge de manœuvre pour les pays du sud en vue de leur industrialisation ? nous le pensons ;
  • Favorise-t-elle une intégration « harmonieuse » des pays producteurs du sud dans la nouvelle mondialisation ? Ce n’est pas certain ;
  • Donne-t-elle à la bourgeoisie locale une fonction nouvelle, différente de celle de simple relais dans l’extension des rapports de productions capitalistes et dans l’exploitation par les multinationales du Nordde la force de travail ? C’est également problématique.

Longtemps placé sous le contrôle des sociétés d’Etat, le secteur minier Africain s’est progressivement ouvert aux investisseurs étrangers, sous la pression implicite de la Banque mondiale. Le Ghana fut l’un des premiers Etats africains à libéraliser son secteur minier pour le développer et en faire un levier de croissance au début des années 80. Aujourd’hui, le type de législations mises en place est dit de 3ème génération ; ces législations sont moins flexibles que les précédentes et orientent davantage l’exploitation minière vers le développement économique des pays africains.

Les législations minières en Afrique sont toutes fondées sur le principe que les ressources minérales sont la propriété de l’Etat ; elles s’appliquent de manière égale à tous les investisseurs (publiques, privés, nationaux et étrangers). L’Etat n’ayant pas les moyens nécessaires pour assurer l’exploitation, c’est donc le secteur privé qui est sollicité pour mettre en valeur et exploiter ces ressources. De nombreuses incitations sont mises en place par les pays disposant de ressources minières pour attirer les investissements privés étrangers.

Le rôle de l’Etat est donc passé ces dernières années et au gré des réformes, de celui d’actionnaire à celui de simple acteur régulateur du secteur. Ces changements sont-ils de bon augure pour les économies africaines dans lesquelles beaucoup reste encore à faire pour avoir un cadre législatif satisfaisant et axé sur un développement économique et social épanoui ?

Nos discussions pendant les deux jours vont passer en revue la situation du Sénégal relativement aux ressources naturelles. Nous parlerons de ce qu’il faut attendre des gouvernements, des entreprises, des syndicats et des populations.

Merci !

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