Intelligence collective et gestion des ressources naturelles

Dr Moussa Sarr,

SN Lab Vivant Sol & Climat, Canada

Déjà en 2003, Pierre Lévy et moi pensions, que l’intelligence collective, dans sa dimension méthodologique, soit l’utilisation d’une mémoire partagée, l’apprentissage collaboratif et la coordination des compétences en temps réel, nous permettait d’accéder à une ressource essentielle de notre patrimoine commun : le capital cognitif caché.

Le Sénégal recèle, certes, des ressources naturelles dites tangibles qui viennent compléter ses ressources naturelles traditionnelles, mais, elles ne sont pas valorisées dans le sens où elles ne sont pas considérées comme des matériaux permettant la consolidation de ce que Manuel Castells appellent les modes de développement.

C’est  d’ailleurs dans cette optique et  à travers ce débat sur le thème de la préservation des ressources naturelles, que nous souhaitons interpeller les faiseurs de politiques publiques, sur l’urgence d’une meilleure prise en compte de la ressource fondamentale qu’est le capital humain. L’objectif principal étant de permettre au pays d’adopter de nouvelles pratiques sources d’émergence de valeurs critiques en matière de gestion.

Nous nous proposons de vous parler des méthodes d’intelligence collective centrée sur l’innovation ouverte, surtout dans le domaine de la gestion environnementale et écologique.

J’emprunte la définition de Louis-Joseph BROSSOLLET, Directeur des partenariats industriels et de l’appui aux politiques publiques d’Irstea, publiée dans Sciences Eaux & Territoires n° 17 – 2015. Il y décrit de manière très opérationnelle, ce que pourrait être l’innovation ouverte, objectif principal des méthodes d’intelligence collective, et son apport dans la résolution des enjeux de l’environnement dans ce contexte de développement des progrès technologiques et des info-structures.

Il soutient l’idée que « l’innovation ouverte (open innovation), s’éloignant du modèle linéaire «en boucle ouverte», prône l’interaction et la rétroaction des acteurs pour leur faire imaginer, élaborer, mettre en œuvre des produits et services nouveaux, avec une double ambition : multiplier les sources d’idées pour en faire un flux continu, et réduire le cycle de valorisation sur le marché des produits et services. »

Partant de cette hypothèse, je vais démontrer lors de ma contribution comment la posture de reconnaissance du capital humain national, surtout dans ses dimensions tacites et inconnues, est à la source d’un cycle d’innovation continue permettant l’éclosion de nouveaux modes de développement au service de la gestion systémique de notre environnement et de la valorisation de nos ressources.

 

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